Quelles technologies pour sortir de la crise COVID-19

La sortie de crise de la pandémie de COVID-19 nécessitera l'utilisation d’outil numériques de suivi de la population.

En l'absence de vaccin et de traitement disponibles, combattre l’épidémie de COVID-19 passe une identification et une mise en quarantaine des personnes atteintes.

Le confinement total actuellement en vigueur en France permet d'atteindre cet objectif (puisque l’ensemble de la population est en quarantaine) mais a un impact très important sur la vie des personnes et l’économie.

Sortir du confinement global suppose une capacité d'identifier les nouveaux cas et de prendre des mesures d'isolement pour eux et les personnes rencontrées.

Cette figure présente la stratégie à adopter lorsqu'un nouveau cas de COVID-19 est identifié.

[[1]](https://www.zotero.org/google-docs/?lUqCzu)

Note : détecter les porteurs de la maladie suppose être en mesure de réaliser des tests à grande échelle. Ce document ne traite pas de ce document.

En modélisant l'épidémie et en particulier le R0 important et le fait que la maladie peut se transmettre avant l’apparition des symptômes voire même par des personnes qui n’auraient pas de symptôme on arrive à la conclusion que pour que ce confinement ciblé soit efficace et endiguer l’épidémie il faut être capable de réagir très rapidement en moins de 2 jours lorsqu’un nouveau cas est détecté pour procéder aux mesures de confinement et de désinfection.

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Pour que cela soit possible, il est indispensable de mettre en oeuvre des outils numériques qui eux seuls vont permettre d'identifier les personnes et les lieux à risque et de prendre les mesures dans le délais imparti.

Le smartphone et la technologie de "bluetooth ouvert" seront mis en oeuvre.

Pour appliquer la stratégie décrite plus haut, il faut être en mesure de lister les personnes qui ont été en contact avec le cas porteur, à moins de 1 mètre, pendant plus de 15 minutes.

Le GPS qui équipe l'ensemble des smartphones présente des limites importantes : il ne fonctionne pas en intérieur et sa précision en milieu urbain et en cas de déplacement est assez faible (plusieurs mètres). Du fait de ces limitations, les données recueillie par le GPS ne pourrons pas être utilisées seules.

La technologie de "bluetooth ouvert" équipe également l'ensemble des smartphones, elle ne permet pas de localiser l’utilisateur sur une carte, mais permet de connaître l’ensemble des smartphones à proximité et donc enregistrer avec précision la distance et la durée de l'interaction. Cette donnée est celle nécessaire. Ce système est celui utilisé en Corée du sud.

Les risques sont grands car des données de localisation précises ne peuvent être anonymisées.

Mettre en oeuvre un système à l'échelle de la population qui enregistre la position de l’ensemble des positions des personnes et la stocke peut inquiéter sur des atteintes potentielles aux libertés fondamentales.

Cette inquiétude est légitime car rendre anonyme des données détaillées de localisation croisées avec d'autre information peuvent être désanonymiser facilement.

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Des études ont même montré que avec seulement 4 points de localisation, on peut identifier la personne dans 95 % des cas . [3]

Le retard de la france dans la maîtrise de la donnée est un gros handicap.

En Chine, la mise en place depuis de nombreuse années de systèmes de surveillances de masse interconnectés entre eux a permis de rapidement déployer les systèmes. L'application qui permet d’attribuer à chaque individu une couleur en fonction de son niveau de risque (Vert / Orange / Rouge) a été mise en oeuvre par Alibaba Finance qui est est l’entreprise qui développe l’application qui attribue un score social à chaque personne.

Aux états-unis, l'administration américaine a demandé à Google et Facebook qui disposent de nombreuses données et d’équipes de développeurs importantes de se pencher sur la question.

En France, nous n'avons pas d’acteurs de ce type.

Des pistes pour la suite

Préserver les libertés individuelles "by design".

Pas de centralisation des données.

Des équipes travaillent dessus Oxford, MIT, Allemagne. Il faut lancer une coopération Europeene sur le sujet.

Une stratégie globale (pas seulement cet outil)

Basé sur le volontariat

Une application qui soit utile aux personnes.

[1] L. Ferretti et al*., « Quantifying SARS-CoV-2 transmission suggests epidemic control with digital contact tracing », Scienc*e, mars 2020, doi: 10.1126/science.abb6936.

[2] « When Is Anonymous Not Really Anonymous? – The Markup ». https://themarkup.org/ask-the-markup/2020/03/24/when-is-anonymous-not-really-anonymous (consulté le avr. 01, 2020).

[3] Y.-A. de Montjoye, C. A. Hidalgo, M. Verleysen, et V. D. Blondel, « Unique in the Crowd: The privacy bounds of human mobility », *Sci. Rep*., vol. 3, p. 1376, 2013, doi: 10.1038/srep01376.